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Le tour de Grande Bretagne en Rhéa 850 Timonier !
Rhea 850 Timonier
Description

Un propriétaire anglais, Philip Davies, s'est lancé l'an dernier dans un tour des Iles britanniques à bord de son Rhéa 850 Timonier, pour la bonne cause !

Ci après la première partie de son récit : 

Croisière autour des îles britanniques dans un Rhéa

Partie 1 - Gosport à Ramsgate

Philip Davies, propriétaire de Rhea 850 Timonier, part de la marina de Gosport à proximité de Portsmouth au sud de l’île britannique pour une ambitieuse croisière.

« Je fais du bateau à moteur depuis 30 ans et pendant cette période, j’ai possédé, par ordre chronologique, une Princess 45 (10 ans), une Trader 535 Signature (10 ans), une Island Packet SP Cruiser (3 ans) et une Fairline Squadron 42 (5 ans).

J'ai beaucoup navigué des deux côtés de la Manche, mais également des côtes espagnoles jusqu’aux Baléares.

Alors, quelle idée me vint de vouloir entreprendre un tour complet de la Grande Bretagne ? De loin le projet le plus fou et avec le plus petit bateau que j’ai en ma possession !  

Sans aucun doute, la confiance que j’ai dans ce joli Rhéa 850 Timonier, sa tenue en mer ont influencés mon choix. J’avais également envie de prouver que la navigation de plaisance sur longue distance n’est pas un domaine n’appartenant qu’aux superyachts et consœurs.

Cela vient certainement aussi de la volonté de l’homme de 67 ans que je suis et qui souhaite montrer et prouver qu’il est encore capable d’agir comme un jeune homme de 30 ans… Dans tous les cas, c’était sur ma « to do list ».

Il y a cependant eu un élément déclencheur : à la fin de l’année dernière, alors que je déposais chez eux depuis le pub local mon filleul de 27 ans, Charlie Boutwood et son père Nigel. Celui-ci m’annonça qu’il ne participerait pas à son  tour de Grande Bretagne en 2019.  Il a concouru 14 fois durant à cette course pour collecter des fonds pour son association : le Charlie’s Challenge, pour les recherches visant à éradiquer la tumeur du cerveau chez les enfants. Association qu’il a fondé avec sa femme et à laquelle j’ai cru et été engagé dès le début.

Mon filleul, Charlie, a survécu à une tumeur alors qu’il était âgé de seulement 20 mois, cela fut le moteur pour cette levée de fonds. En me remémorant ces moments difficiles, je me suis demandé pourquoi ne pas faire moi-même cette course sur mon Rhéa 850 Start Me Up…  

Le lendemain, Nigel me passa un coup de fil afin de savoir si je pensais vraiment ce que je leur avais dit la veille. Ne voulant pas avouer que j’avais un peu abusé sur la bière, J’ai répondu que oui. Il me proposa alors une manière moins périlleuse et longue comme par exemple couper mon sans aller tout au nord de l’Ecosse en traversant le canal Calédonien. Je lui répondis que je voulais le faire bien et à fond ou alors ne pas le faire du tout. Il me dit qu’il serait de la partie, que nous ferions ensemble le tour, dans mon Rhéa.

Depuis ce jour, j’ai pensé à ce voyage nuit et jour.

L’heure des préparatifs arriva alors.

La première chose fut de décider dans quel sens faire le tour. Mon expérience de navigateur m’entraina à choisir de le faire dans le sens anti-horaire.

J’ai également lu un grand nombre de blogues de navigateurs d’aujourd’hui. Deux d’entre eux (l’un en solitaire, le second en équipage) l’ont fait dans le sens horaire à la voile et un autre, navigateur sur un bateau moteur l’a fait dans le sens anti-horaire. Dans le reste de mes recherches, notamment sur google, je trouvais des arguments pour et contre les deux théories.

Selon moi, il paraissait plus logique de suivre les vents dominants du sud-ouest qui offrent une mer plus confortable notamment en longeant la côte sud du pays.  

Je pourrai alors profiter de ce mouvement sur la côte Est en bénéficiant d’une mer douce en nous dirigeant vers la mer du Nord.

Le même phénomène météorologique devrait opérer de la même manière à l’extrême nord de l’Ecosse puis en descendant la côte ouest Ecossaise bénéficiant ainsi d’une mer clairvoyante.   

La logique avant tout nous dicta de de favoriser la côte Est irlandaise en lieu et place de la côte Est Anglaise et du Pays de Galle, qui sont très exposées. Cela nous permettra de se protéger des vents d’ouest/ sud-ouest dominants.

Nous devions alors bien réfléchir au timing et trajet que nous allions emprunter pour avoir des conditions de mer confortables en traversant le Canal de Bristol et finalement contourner Land’s End.

Nous devions dans un premier temps débuter notre aventure le 1er avril 2019, espérant joindre le nord de l’Ecosse début juin au plus tard. Ainsi, nous pourrions arriver là-haut avec une météo clémente et cela nous permettrait d’avoir une latitude afin de pouvoir patienter jusqu’à la bonne combinaison entre les marées et le vent avant de se lancer.

Start me Up, malgré ses 8.50m a un passage en mer remarquable.

Prenant en compte les basses températures Ecossaises que nous aurons fin Mai, j’ai finalement été très heureux que nous n’ayons pas pu partir avant le 17 Mai contrairement à ce que nous avions originalement prévu.

Reprenant mes lectures de blogs, je m’aperçois que ceux ayant fait le tour dans le sens horaire se l’ont terminés fin d’été début d’automne, ceux-ci ont subits de mauvaises conditions météorologiques rendant leur décision discutable. Il conclut d’ailleurs sa présentation en disant qu’il aurait dû partir plus tôt et surtout dans le sens anti horaire pour son tour ! Cela m’a évidemment conforté dans ma décision. Le plan était donc de faire le tour de l’Ecosse le plus rapidement possible.

Magna charter

Je suis parti jusqu’à la marina de Gosport en partant de chez moi dans le Sussex. Je voulais avoir connaissance des différents systèmes et en sourcer d’autres pour s’équiper dans notre tour. En effet je n’en avais jusqu’à présent pas eu besoin dans mes navigations locales.

Les graphiques de notre instrumentation de bord ne couvraient que la Manche par exemple, j’ai donc étendu à l’ensemble des îles britanniques qui allaient d’ailleurs d’office avec les côtes atlantiques et méditerranéennes occidentales dans le système Garmin.  

Le vendeur me dit que je n’avais juste à retirer la carte existante et charger la nouvelle. Par sécurité, j’ai également commandé des cartes « C » de chez Imray pour planifier les passages des capes et mon retour.   

 

Côté motorisation, mon Rhéa est équipé de deux Volvo D3 de 220CV. Leur premier entretien fut fait et j’ai acheté, avant notre départ, un grand nombre de pièces de rechanges au cas où.

Dès qu’il fut disponible avant Noël 2018, j’ai acheté le guide côtier et j’ai passé deux jours à sélectionner les ports que nous rallierons pour nos ravitaillements. Il y avait deux critères essentiels, il fallait que du gasoil y soit distribué et que l’accès puisse s’y faire 24h/24.

Nous ne ferons qu’un seul compromis, aller à Grimsby où il y a des restrictions d’accès mais où il n’y a pas meilleur endroit où se rendre sur la côte est de l’Angleterre.

Ensuite, je me suis renseigné à propos du passage entre Wick à l’extrême droite de l’Ecosse au-dessus de son cap. Mais nous ne franchirons pas ce passage avant d’être venu à bout du redouté détroit des Orcales, un cauchemar long de 5 miles nautiques avec 12 nœuds de courant de face au moment de franchir le cap par un tournant à gauche pour rejoindre l’autre face.

Cela a fait monter en moi le stress concernant cette partie du voyage.

J’ai fait le plein de provision en achetant une quantité industrielle de mini cheddars, des chips, des Twixs, bouteilles d’eaux et de bières pour l’équipage.

 

De Gosport à Eastbourne

Je regardais les prévisions météo sans cesse afin de trouver une fenêtre idéale pour que notre projet prenne vie. Je consultais également les prévisions maritimes, particulièrement à l’extrême nord de l’Ecosse. Je gardais l’œil sur cela chaque jour depuis que nous avons pris la décision de faire ce tour afin d’avoir une idée globale du déchainement des éléments sur place. En 5 mois, je n’ai vu que du force 5 accompagné par une mer déchainée. Glups…

Au final, il y a eu un phénomène de pression atmosphérique au-dessus de la Grande Bretagne. Phénomène qui calma le déchainement des éléments et il fut évident qu’il fallait profiter de cette fenêtre pour joindre la côte Est de l’Angleterre.

Notre ami Peter nous emmena alors à la marina où était notre Rhéa et à 14h, 7 mois après avoir pour la première fois réfléchis à ce projet fou, nous démarrions enfin les moteurs et nous mettions en route.

Nous ne pouvions croire que c’était le début d’une telle aventure de 2 000 Miles autour de la Grande Bretagne dans notre petit Rhéa. Nous étions complément fou !

Notre chemin nous mena vers la bouée de sortie de chez nous puis nous guida directement sur les côtes de Eastbourne en passant devant l’impressionnant champs d’éoliennes de Rampion qui produit suffisamment d’énergie pour 350 000 maisons dans l’Est du Sussex.  Quelque temps plus tard, nous passions les falaises des Seven Sisters puis de Beachy Head.

C’était surréaliste.

Lorsque nous sommes arrivés devant le port Royal, nous n’arrivions pas, à la VHF (Canal 80), à obtenir une réponse nous autorisant à entrer. Nous profitons alors du passage d’un autre bateau et des feux d’accès au vert pour entrer.

Quand j’ai eu demandé aux responsables du port pourquoi ils n’écoutaient pas le Canal 80 de la VHF, ils me répondirent tout simplement : « parce que nous écoutons le Canal 17 ! » Note à moi-même : mieux lire le guide nautique et ne plus faire de supposition pour quoi de ce soit !  

On nous donna un bel emplacement avec plus de place que nécessaire pour accueillir notre petite fête de départ le dimanche 19 Mai que nous donnions avec nos amis locaux puisque cette marina ne se situe seulement à 12 miles de chez nous.

A l’heure du rendez-vous, un nombre conséquent d’amis nous ont retrouvés pour apprécier un verre de Black Dog Hill 2013 (vin pétillant anglais) qui nous permis de nous donner de l’entrain pour notre  route.

 

De Eastbourne à Ramsgate 

Nous passâmes l’écluse à 15h, accompagnés par les chaleureux aurevoires  de nos amis et familles.   

En sortant la visibilité était parfaite mais la mer quelque peu agitée !

Le dernier arrêt pour notre équipage avant d’attaquer la côte ouest fut Ramsgate.

Avant cela, il nous fallait suivre la côte passant de falaises en falaises jusqu’à arriver à Douvres prenant un premier tournant sur bâbord, décisif, nous menant à notre dernière ligne droite jusqu’à Ramstage tout en évitant les malfamés bancs de sables de Goodwin sur tribord.  

Après avoir identifié l’entrée du port de de Ramsgate, nous avons pu contacter ce dernier via le canal 14 nous autorisant ainsi l’accès puis contacter le Canal 80 (valable cette fois ci) pour nous voir affecter une place. On nous y à offert le choix entre 20 différentes places sur le ponton F, nous y avons fait notre choix, rincé et rangé le Rhéa pour l’arrivée de notre première invitée, la sœur de Nigel, Janie.

Les 60 Miles entre notre départ et Ramsgate furent couvert en 3.30h et nous en étions plutôt fiers.

Quelque chose me disait que les choses allaient devenir un peu plus dures en faisant route sur la côte ouest mais pour l’instant, nous souhaitions profiter de notre petit succès avec un ou deux (autre) verre !  

Le mois prochain, Philip et Nigel entrerons dans la mer du Nord continuant ainsi leur intrépide aventure.

 

Date
  • 11-02-2020